Confilée de Groboise

framboises groseillesMerci d’avoir été patient !

Même si le temps de notre année présente laisse à désirer pour la maturité des fruits rouges début juillet, on devrait pouvoir en tirer quelque chose.

Dans un mois, si nous sommes toujours au même point, il sera temps alors de remédier à tout cela ! Comment ? On verra ça aussi.

En attendant : bonne lecture.

Famille Grossulariacées

La fin juin, début juillet, représentait pour moi le commencement des grandes vacances, mais aussi l’été et la cueillette des petits fruits dans le jardin. J’entends par petits fruits : les groseilles, les framboises, les cassis et les cerises.

groseilles en grappeToutes ces dames (ah, désolée ! On me dit qu’il y a un monsieur parmi elles !), donc tous ces messieurs dames habitaient la première allée du jardin de la rue du petit parc. Il y avait bien un groseillier à maquereaux (non pas « macro », ni poisson) qui était exilé en face à la troisième rangée, avec pour seul compagnon le pommier du japon, qui lui ne donne pas de fruit, contrairement à ce que son nom indique. Aussi, mûrissait-il toujours un peu en retard, étant à l’ombre d’un mur de briques. Il pouvait juste observer le manège d’en face.

 

fruits-rouges-as-flament

Géolocalisation

Dès l’entrée dans l’avenue aux fruits, nous avions à notre droite les cassissiers tenant tête au cerisier. Celui-ci donnait des baies minuscules, très juteuses et sucrées, à la limite de la cerise sauvage, mais tellement molles que l’on pouvait juste se désaltérer avec. On les ramassait sur la tôle ondulée qui servait de toit à notre cabane d’enfant. Pour petit rappel, le mobilier était composé de pavés romains que nous avions dégotés dans la forêt. On les avait repérés lors d’une cueillette de châtaignes et mes parents étaient revenus à la tombée de la nuit pour accomplir le rapt ! Ainsi, deux pierres taillées en cube entouraient une autre en parallélépipède, les unes pour les « poufs » (vous repasserez pour le confort !) et l’autre pour la table.

Bref ! En continuant après les arbustes noirâtres, on trouvait pèle-mêle des groseilliers et des framboisiers et ce, tout au long de l’allée parfois interrompus par un cassis égaré et surplombant des lits de menthe douce.

Etes-vous du matin ou du soir ?

Nous étions enrôlés d’office par ma mère pour la cueillette des baies ! Elle préparait sur le congélateur-coffre des pots vides de fromage blanc conservés à cet effet. Ils étaient verts ou bleus, allant du 500 grammes au kilo ! On allait les remplir à tour de rôle, le matin ou le soir. « A la fraîche », disait Maman.

raspberry plantationJ’aimais le matin, quand tout est lumineux mais encore serti de rosée. On croirait que les framboises ont revêtu un habit de sucre glace tandis que les groseilles semblent avoir glissé dans un sirop doucement brillant.

Mais j’appréciais aussi le soir, vers vingt-et-une heures, quand le soleil rougit de fatigue et que le jardin s’agrandit par ses ombres descendant comme une couverture douillette. Les fruits avaient une couleur presque confite, tièdes de leur journée à la pleine chaleur. Il fallait prendre garde aux framboises, gorgées de jus et prêtes à fondre entre vos doigts.

 

A vos marmites !

Une fois que la récolte était suffisante, ma mère sortait le grand attirail : bassine en aluminium si grande que j’aurais pu y baigner mes poupées, ustensiles en tout genre, en métal ou en bois, un pilon ici, une passoire à légume là, et puis les pots vides, propres, prêts à recevoir leurs futures habitantes.

Je me mettais alors dans un coin de la cuisine et j’observais le manège : Margot tournait avec générosité les fruits mélangés qui éclataient en silence à la chaleur. Elle écumait aussi, et je trempais mon doigt dans la mousse rose, légèrement caoutchouteuse, à la limite d’une guimauve en dentelle. Puis venait le passage au pressage ! Le moulin à légume écrasait tout ce beau monde mi-cuit et gardait jalousement les tiges vertes des groseilles et les pépins des framboises ! De cela, on ne faisait rien, à part être satisfait de les avoir débarrassés pour avoir une pulpe lisse. Venait le moment du verdict de cuisson : une assiette fraîche, une cuiller en bois qui dépose un peu de la mixture, quelques secondes d’arrêt… D’un regard exercé, d’un palais d’expert et d’un nez bien aiguisé, ma mère tranchait ! Il était alors temps de remplir les pots de confiture.

Ce qui n’avait pu être mis en pot restait dans un petit saladier et chacun pouvait, tout au long de la journée, venir y tremper un doigt et s’imaginait le goût exquis qu’allait avoir cette « confilée ».

Encore un cru de choix ! Comme chaque année.

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« – Allô ! Bonjour Maman, alors tu ne m’as toujours pas envoyé ta recette de confiture de groseille-framboise !

« – Et oui, j’ai eu tant à faire cette semaine encore » J’adore quand ma Môman me dit ça. Elle a 80 piges passées et bouge toujours autant, des fois pour rien, mais, elle aime ça, alors !

« – Ce n’est pas grave. Je vais te lire ce que j’ai écrit d’après mes souvenirs et tu me diras ce qu’il y a à corriger ou ce que j’ai oublié.

« – Si tu veux. En tout cas, ce n’est pas vraiment de la confiture, ni même une gelée, ce que je fais. »

Le ton était donc donné, c’est pour cela que le titre de ma recette est quelque peu alambiqué !

 Difficulté :

Facile JPEG

Ingrédients :

  • Des groseilles et des framboises
  • Du sucre cristallisé* en quantité égale au jus obtenu**

* On peut utiliser du sucre spécial confiture & gelée.

** 1 litre pour 1 kg de sucre.

Matériels :

  • 1 bassine à confiture à fond épais,marmitte
  • 1 pilon en bois,
  • 1 presse légume,
  • pots à confiture avec couvercle à visser,
  • paraffine.

Préparation :

  1.  Mettre les fruits, après les avoir lavés, dans la bassine à confiture.
  2. Faire chauffer et presser légèrement avec le pilon en bois pour faire éclater les fruits. On peut aussi utiliser une écumoire.
  3. Il suffit de quelques minutes pour que le jus sorte des fruits.
  4. Passer la mixture obtenue dans un moulin à légume. Trois tours dans un sens, quatre tours dans l’autre, pas plus ni moins ! Les grains, les branches, seront alors séparés du vrai bon jus. Le liquide obtenu donnera par la suite une moyenne entre la texture de la confiture et celle de la gelée.
  5. Remettre ce jus lisse avec le sucre dans la bassine à confiote ; pour rappel 1 l de liquide = 1 kg de sucre.
  6. Porter à ébullition modérée durant 6 minutes. Et c’est très précis !
  7. Pour tester la cuisson, ma mère regarde sa cuiller en bois et elle sait. Alors comment savoir ? Déposer une cuiller dans une assiette froide (pourquoi ne pas la mettre au frais pour le test ?) et vérifier la consistance. Si cela ne fige pas, c’est qu’il faut encore un petit tour de cuisson. Mais attention de ne pas la faire trop cuire. La confilée caraméliserait et ce ne serait plus aussi bon…
  8. Ébouillanter les pots et les couvercles.
  9. Y verser la confiture encore chaude.

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Conseils et astuces :

Ici, il y a deux écoles : le retournement de pots ou la paraffine.

  • Retourner les pots (donc). Les couvercles seront alors stérilisés par la chaleur. Lorsque le tout à bien figé, les remettre à l’endroit pour les ranger, bien entendu.
  • Ou… Recouvrir la gelée de paraffine liquide.

C’est la manière de ma mère à ce jour. La sienne avait encore un autre truc : elle trempait du papier sulfurisé dans de l’alcool à 90° et fixait le tout avec un élastique voire une ficelle en corde.